Fosse 7 : Catastrophe du 31 Juillet 1929

Le Samedi 31 Juillet 1929, un accident eut lieu à la Fosse 7 bis, toute proche de la Fosse 7, Huit mineurs perdirent la vie.
A cette époque, l’effectif de la Fosse 7 était estimé à 300 ouvriers tandis que celui de la Fosse 7 bis d’environ 500.
Selon les remarques de la Presse « LE GRAND HEBDOMADAIRE ILLUSTRE », il s’agissait d’une fosse « plus ou moins grisouteuse », deux explosions avaient déjà fait, en 1885 et 1913, quelques victimes.
Malgré les précautions prises, relatives à la sécurité : utilisation de lampes électriques, les dangers d’explosion n’étaient pas encore écartés surtout quand on extrait du charbon gras plus riche en gaz dangereux.
L’explosion qui eut lieu, vers 18 heures. Elle alerta tous les mineurs de la Fosse 7 bis. L’alarme fut aussitôt donnée et la direction des Mines de l’Escarpelle fit remonter d’urgence tous les mineurs qui se trouvaient au fond quand ils eurent tous déposés leurs lampes à la lampisterie, il fut constater que huit d’entre eux manqués. Une équipe de sauveteurs fut aussitôt organisée sous la direction de M. Dubernard, Directeur des Mines de l’Escarpelle, de M. Lelouffe, ingénieur et de quatre autres ingénieurs du Services de Mines.
Entre temps, une équipe de sauveteurs des Mines de Lens, dirigée par Monsieur Fenzy, ingénieur explorait galeries et failles. C’est vers 23 heures que la première victime fut remontée, les sept autres corps furent découverts, quelques temps plus tard au même endroit.
Averti par téléphone, M. Peytral, le Préfet du Pas-de-Calais, arriva, ainsi que M. Natonneli, sous Préfet de Béthune et de M. Berthot, Procureur de la république.
Une foule, évaluée à plus de 3000 personnes, attendait le retour des sauveteurs. Grâce aux fiches individuelles, on put identifier les victimes de la catastrophe. Les corps furent déposés dans une salle mortuaire où les familles désespérées venaient reconnaître un époux, un frère, un cousin, scènes émouvantes et pénibles se déroulant dans un silence pesant.
LES VICTIMES :
- Un surveillant et boutefeu de l’équipe :
- Paul LETERNE, âgé de 30 ans, marié et père d’un enfant
- Pierre Joseph DEHAIES, 57 ans, demeurant Cité de la Fosse 7,
- Charles LEFBVRE, 51 ans, demeurant Cité du Cimetière qui était aussi Conseiller Municipal,
- Jean MAGYAR, 29 ans, célibataire, de nationalité hongroise, demeurant chez sa sœur Vieille Cité,
- Victor ZEBROUCK dit « MACOT », 55 ans, marié, 4 enfants, demeurant à Auby,
- Antoine PIETRZYK (en photo), 44 ans, de nationalité polonaise, père de 4 enfants, demeurant à Flers-en-Escrebieux,
- Joseph PIETEZYK, 21 ans, fils du précédent, célibataire,
- François PITCHARSKI, 36 ans, Polonais, père de 3 enfants, demeurant originaire de Flers-en-Escrebieux
LES FUNERAILLES

Les funérailles des huit mineurs tombés en plein travail, eurent lieu, le samedi matin, 3 AOUT 1929, en présence d’une foule considérable. Les huit corbillards vinrent s’aligner dans le fond de la cour de la Fosse n°7, les cercueils disparaissant sous les fleurs.
A côté des drapeaux tricolores apparaissaient des drapeaux écarlates suivis des délégations syndicales, puis de larges bannières polonaises portées par des sokols en costume national.
Après avoir annoncé à la tribune que le Ministre de l’intérieur avait décerné à chaque victime la Médaille d’Honneur du Travail, le Préfet du Pas-de-Calais pour les quatre Courcellois victimes du devoir ainsi qu le Préfet du Nord pour les trois accidentés de Flers-en-Escrebieux et un autre d’Auby vinrent, tour à tour, épingler ces médailles sur chaque cercueil.
C’est sur une marche funèbre jouée par la Fanfare de Courcelles, que s’ébranla un immense cortége, de hautes personnalités accompagnant les Préfets et notamment M. GAILLOT, Directeur des Mines de Paris, M. Elby, Sénateur, de nombreux Députés, les Dignitaires Ecclésiastiques et les Délégués des Administrations de la Mine.
Devant l’église, nouvellement restaurée, un corbillard se détacha du cortège et se rangea à l’écart, celui Jean Magyar, le mineur Hongrois. Quant aux sept autres cercueils soulevés par des mineurs, ils furent amenés dans le chœur de l’église.
Au cours de la Messe dite par l’Abbé Penin, Curé de Courcelles-lès-Lens, il fut difficile de trouver une place bien que l’église soit très spacieuse. La cérémonie religieuse ne manqua pas d’impressionner la très nombreuse assistance. Il revint au prêtre d’adresser le suprême adieu à ses paroissiens tout en rappelant l’émotion causée par la terrible catastrophe.
L’absoute fut donnée par le Vicaire Général Maréchal, les corps furent ramenés dans les corbillards. Puis ce fut les discours des personnalités officielles. Enfin les convois suivis des parents des victimes prirent la direction du cimetière des trois communes : 4 corbillards vers celui de Courcelles, 3 autres vers celui de Flers-en-Escrebieux et un dernier pour celui d’Auby.
Des photographies rappelant cette cérémonie furent prises par Louis JENDRE, photographe à Courcelles. (D’après des recherches de M. R. Robert.).
Depuis le 31 juillet 2009, à l'occasion du 80ème anniversaire de la catastrophe, une stèle en l'honneur des mineurs disparus a été inaugurée.