Courcelles-les-Lens a peu de témoins du passé. La Croix BROGNIARD et le Vieux Moulin restent sans doute ceux que nous possédons de plus anciens sur notre territoire communal.
Une étude historique tenant compte de l’exactitude des faits rapportés par les textes tirés des archives communales ou de divers documents étudiés aux archives départementales du Nord comme du Pas-de-Calais permet cependant de se faire une idée plus claire de leurs origines respectives.
En venant de Noyelles-Godault, au lieu-dit "l’Alouette" en bordure du chemin, s’élève une pierre mince, grossièrement taillée d’une hauteur de trois mètres environ. La base de cette pierre est un carré de vingt centimètres de côté, enfoncé dans le sol à une profondeur de un mètre environ. Cette pierre légèrement inclinée a dû être réparée, puis consolidée.
C’est, dit-on, la tige d’une ancienne croix plantée pour rappeler la mémoire vénérée du sieur BROGNIARD qui possédait à Courcelles-les-Lens un fief dépendant du Château de Lens.
On retrouve dans les documents relatifs à la seigneurie de Courcelles-les-Lens l’existence de ce chatelain. Le dénombrement fourni par BROGNIARD de Courcelles, dénombrement réalisé le six août 1385 précise que ce dernier possédait dans notre commune un fief qui était "mouvant du chateau de Lens" et qui passa ensuite à "Jean de Tourelle du chef de sa femme"
Les rues de la Grande et de la PETITE TURELLE, mot venant de "tourelle" rappellent existence d’un chateau bien proche de ce lieu, château que relatent les textes antérieurs à la révolution de 1789.
Si le nom repose sur des données précises que les documents anciens ne manquent pas de relater, l’origine de cette croix reste assez mystérieuse. La plupart des habitants du village autrefois ne la connaissait que sous le nom de borne Saint Brayou, mot expressif issu du patois local désignant un enfant à la fois méchant et grincheux qui pleure toujours pour des futilités. Une légende locale prétend que les mamans ayant un bébé "brayou" frottaient le front de leur rejeton sur cette pierre rugueuse qui avait la rare vertu de calmer les plus exigeants des bambins du voisinage.
Mais l’imagination populaire ne saurait en rester là. Bien souvent, elle prétend expliquer ce qui reste pour certains un véritable mystère. Des affirmations tout à fait gratuites semblent alors des réalités. La tradition orale transmet des vérités plus ou moins déformées.
Certains affirment volontiers que sous cette pierre se trouve le tombeau du seigneur BROGNIARD et même qu’un souterrain conduisant à Dourges part de cette borne rudimentaire. Nous ne citerons que pour mémoire ces conjectures qui ne reposent sur rien de solide mais qui ont quand même quelque apparence de vérité si l’on se réfère au seigneur BROGNIARD et au château de Courcelles dont le domaine était très proche de ce lieu d’implantation