A LA DECOUVERTE DU PASSE
LES PREMIERS SIGNES D’OCCUPATION LOCALE
Notre commune ne possède aucun témoin de l’époque néolithique alors même que dans notre région des dépôts d’instruments de pierre, de silex (percuteurs, silex oblongs, perçoirs, lances, flèches barbelées)ont été découverts près de chez nous à Izel-les-Esquerchin, Billy, Fouquières, Hénin, Rouvroy.
Nous possèdons toutefois la quasi-certitude qu’une partie du territoire était, autrefois sous les eaux et qu’une sorte de digue était nécessaire pour passer d’Evin à Noyelles. Cette digue sur pilotis devait même avoir une longueur considérable car elle permettait également, à l’époque de franchir un fleuve aujourd’hui disparu (le Boulenrieu) ainsi que les marécages. Par contre, les vestiges gallo-romains sont nombreux. Des découvertes furent réalisées par Delegorgue, l’explorateur, dans les marais tourbeux (vases en terre grise), aux champs à Facon (monnaie de posthume, poteries, armes, bijoux) à la briqueterie, derrière la fosse 7 à des dates assez récentes (sépultures gallo-romaines, nombreuses pièces de monnaie et poteries datant de cette époque).
Notre commune faisait partie de l’Atrébatie (nom acien donné à l’Artois), zone couverte de bois et de marécages. Occupée par les Romains, elle fut bien vite évangélisée comme toutes ses voisines. Il semble difficile d’affirmer si Saint Piaf et Saint Martin y participèrent mais il est au moins certain que Saint Vaast y eut une action prépondérante. Le nom des paroisses des diverses commmunes assez indicatif à ce sujet, les premiers oratoires apparaissant vers l’an 300. Avec la fondation des abbayes dès 1650, notre région était acquise au christianisme.
Les grades invasions, dès 406, n’épargnèrent guère notre pays. Certains auteurs situent même Vicus Helena à Evin-Malmaison. C’est là qu’une armée romaine vainquit une tribu franque en 446. Les invasions normandes durèrent de 879 à 883, les hardis vikings remontant l’Eurin et le Boulenrieu, pillant et saccageant les villages. Les habitants se cachaient dans des souterrains pour échapper aux envahisseurs.
Dès le 12ème siècle, le pays fut divisé en châtellenies, le droit de Haute Justice étant exercé au nom du Comte de l’Artois par les Officiers du Château de Lens. Sichier ou Siger, sire de loos et de Courcelles, le premier seigneur connu à ce jour, déchu après sa lutte contre sire de Montigny-en-Ostrevent, se retira à l’Abbaye d’Anchin, renonçant au monde en 1079. Courcelles a vécu également des périodes difficiles, diverses guerres et dévastations : celle de l’empereur d’Allemagne, Henri III le Noir en 1053. En 1304, elle ne fut guère épargnée par Philippe le Bel. Ajoutons également que la lèpre apparut en Artois au 13ème siècle et, avec elle, la création des léproseries ou maladreries. Du château de Courcelles, nous ne possédons qu’un texte de 1569 précisant sa situation. C’était un grand manoir, avec sa ferme et sa brasserie, cerné par 4 ou 5 rasières de terres. Cette seigneurie qui relevait du château de Lens, fut érigée marquisat en 1669. Le clergé y était puissant et richement représenté par l’Abbaye d’Anchin et le Chapitre Notre Dame de Cambrai qui, respectivement, avaient l’un et l’autre 278 et 85 rasières de terre, mais percevaient également un droit de dîme sur près de 800 rasières de terres. Au début du 18ème siècle, de 1701 à 1709, pendant la longue guerre dite de succession, le pays connut une grande disette.
LA REVOLUTION FRANCAISE
La commune voit naître, avec les premières décisions révolutionnaires, une organisation vraiment municipale, le Maire, Antoine DEPREZ, étant assisté de 12 notables. Elle fit alors partie du canton d’Humanité(Hénin-liétard sous la Révolution) et du District d’Arras. De 1790 à 1800 s’échelonnèrent les ventes des biens nationaux. C’est en 1793 que se fit, mais en deux fois, le premier ayant été constesté, le partage des biens communaux. Les exigences de la guerre se traduisirent par de nombreuses arrestations de suspects, des perquisitions, des réquisitions souvent mal appréciées. C’est la période de l’émigration des familles riches ou de ceux qui veulent échapper à l’enrôlement. Une fabrique de salpètre fut créée à cette époque.